Les tendances et priorités des départements achats pour 2018 – (Janv 2018)

Les départements achats, moins centrés sur leur objectifs de réduction des coûts, veulent chouchouter leurs fournisseurs et s’investir d’avantage en termes de RSE. C’est ce que révèle notamment la 8e édition de l’étude « Tendances et priorités des départements achats ». Leur cote d’amour va grimper!
La huitième version de l’étude* AgileBuyer sur la fonction achats, tous secteurs confondus, et ses priorités, baptisée « Tendances et priorités des départements achats pour 2018 », vient de sortir, réalisée, cette année, en partenariat avec le Conseil national des achats. « Cette étude est devenue le marqueur des publications annuelles dans le domaine des achats; c’est l’une des analyses les plus attendues et les plus pertinentes », commente Marc Sauvage, président du CNA, en introduction du document.

L’édition 2018, s’intéresse plus particulièrement aux relations entre les acheteurs et les fournisseurs. AgileBuyer et le CNA ont cherché à savoir si « Les objectifs de réduction des coûts et de réduction des panels fournisseurs sont toujours aussi importants ? », si « La continuité et la sécurisation des achats sont-elles de plus en plus prioritaires ? » et si « Les directions des achats mettent-elles en place des actions pour valoriser leurs fournisseurs ? » Les deux partenaires ont aussi voulu savoir si « Les acheteurs sont sensibles au respect des délais de paiement ». Et c’est là l’un des enseignements majeurs de cette étude retenus par son chef d’orchestre, Olivier Wajnsztok, directeur associé du cabinet AgileBuyer, conseil et ressources achat: « Les entreprises entrent dans une ère inédite de « calinothérapie » vis-à-vis de leurs fournisseurs, afin de mieux les fidéliser et de favoriser l’innovation (notamment avec les PME et les start-up) ». C’est, dit-il, « une tendance de fond que l’on sentait mais que l’on ne parvenait pas à chiffrer. Un changement dans la volonté de faire pression sur les coûts, pour (re)nouer des relations plus proches et soutenues avec les fournisseurs. » « Une sorte de reverse-compétition risque bien de s’instaurer… » L’étude ne se limite pas à la gestion de la relation fournisseurs, comme le souligne Marc Sauvage: « Tout y est abordé, poursuit-il, « les priorités en termes de recherche de performance, le positionnement stratégique de la fonction, la sécurisation des achats, les achats responsables, etc. On découvrira notamment que, à l’aune de la reprise économique, les acheteurs vont probablement devoir travailler leur attractivité pour préserver et développer leur panel fournisseurs. Une sorte de reverse-compétition risque bien de s’instaurer… » Les deux autres enseignements majeurs, après la « calinotéhrapie » pointée par Olivier Wajnsztok, concernent les objectifs de réductions des coûts des départements achats et les achats Made in France. L’étude démontre que les objectifs de réduction des coûts « s’affaiblissent pour la première fois depuis 5 ans, même s’ils restent un objectif prioritaire. Et ce, aussi bien dans le privé que dans le public ». Quant aux achats « Made In France, ils commencent à prendre forme « dans le B-to-B et à être suivis après des années d’indifférence. Le Made in France devient un critère d’achats à part entière et un indicateur de plus en plus suivi », souligne Olivier Wajnsztok.Et les deux partenaires, de se réjouir des évolutions de la fonction achats qui « a peu à peu démontré son rôle stratégique, passant d’une approche « adversariale » de réduction des prix à une logique de management de coût total d’acquisition et d’apporteur d’innovations », selon Olivier Wajnsztok. Et Marc Sauvage de conclure: « D’une fonction quasi administrative il y a quelques décennies, elle est devenue un acteur essentiel de la création de valeur dans l’entreprise, estime Marc Sauvage, qui considère qu’ « une nouvelle ère est devant nous et annonce l’émergence de transformations profondes. Comme souvent, pour obtenir le succès, il faut être capable de se projeter dans le futur : c’est ce que nous permet cette étude ». 

Les priorités des départements achats en 2018 et les chiffres-clés à retenir sont :

– Les objectifs de réduction des coûts ne sont plus autant prioritaires pour les décideurs achats. En 2018, 72% des personnes interrogées déclarent que la réduction des coûts est le premier objectif des directions des achats. Ce pourcentage est à son plus bas niveau depuis 2013, avec notamment une chute de près de 10 points par rapport à 2017. C’est aussi la première fois que ce pourcentage est en baisse, après cinq années d’augmentation.

– Seuls 4% des acheteurs interrogés indiquent bénéficier de bonus uniquement sur les gains achats. Un résultat démontrant que les acheteurs sont bien loin de l’image de simples « cost killers » que certains veulent leur attribuer.

– L’heure est aujourd’hui à la calinothérapie dans les relations entre acheteurs et fournisseurs. Ou la crainte de ne pas être livré en temps et en heure, à la qualité attendue. Selon 70% des répondants, la continuité et la sécurisation des achats et des approvisionnements seront des préoccupations plus importantes en 2018 qu’en 2017. Un résultat tout à fait significatif et qui témoigne de la tension qui peut exister sur la chaîne d’approvisionnement.

– Près de 59% des répondants affirment que leur entreprise ou leur organisation a mis en place des actions pour vendre leurs besoins à certains de leurs fournisseurs et leur donner (encore) plus envie de travailler avec eux. Résultat : les acheteurs chouchoutent leurs prestataires stratégiques et veulent devenir le meilleur client de leurs fournisseurs. – Le pourcentage d’achats « Made in France » dans le B-to-B est désormais suivi par une part significative des entreprises et des entités publiques. Et près 46% des répondants, quel que soit le secteur, considèrent le « Made in France » dans leurs critères d’attribution du business. A l’opposé des achats « Made in France », les achats dans les pays à bas coûts semblent perdre du terrain. En effet, pour 67% des répondants, il ne s’agit pas d’un axe de travail (en hausse de 4 points par rapport à 2017).

– Près de 56% des répondants déclarent que la performance achats de leur entreprise est évaluée en priorité à l’aune des économies réalisées, loin devant la contribution des achats au chiffre d’affaires (12%).

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